Laurent HABIB, auteur de l’ouvrage la force de l’immatériel porte un regard sans nostalgie sur les facteurs clés du développement économique
Samedi 30 janvier, Alexandra BENSAID interviewait Laurent HABIB, auteur de l’ouvrage La force de l’immatériel (PUF). Le propos de l’auteur semble aller à contre-courant du discours dominant de la réindustrialisation. Quels sont ces arguments ?
Trois idées
Voici les trois idées que j’ai retenues : première idée, l’immatériel représente de 50 à 70% de la valeur des entreprises qu’elles soient industrielles ou non. Seconde idée, l’économie change en profondeur et il est vain de vouloir revenir à des modèles qui n’ont plus cours. Enfin, si l’on veut sauver l’industrie, il faut le faire à travers les gisements de valeurs les plus prometteurs, c’est à dire à travers l’immatériel.
Citant l’exemple de LEÏCA, il montre que la valeur de la marque peut constituer un point d’appui décisif lorsque l’entreprise est technologiquement dépassée avec l’avènement de la photo numérique. Cet exemple est d’autant plus saisissant que nous assistons au contre exemple de KODAK qui dépose le bilan après des décennies de leadership mondial.
Les gisements de valeurs et les tendances de fond de l’économie
L’intérêt du propos de Laurent HABIB consiste dans le fait qu’il se tourne résolument vers le futur en mettant en lumière les nouvelles tendances de l’économie avec des dynamiques comme celles de l’économie de la fonctionnalité ou de l’économie du don et de la contribution. Il considère que chaque entreprise doit s’interroger sur ces gisements de valeurs relevant de son capital immatériel pour y puiser son avenir. Autrement dit, il défend la nécessité de réinventer l’industrie plutôt que de se laisser séduire par la nostalgie. Sur ce point, on peut se reporter à l’article de Zones Mutantes «les trois lignes de force du développement socioéconomique»
En savoir plus
Pour autant, dimension structurante de l’activité industrielle n’est pas évoquée. Je vais donc lire cet ouvrage pour tenter de mieux cerner les différents volets. Et je vous en reparle.
On notera en conclusion que l’auteur préside L’observatoire de l’immatériel «association ouverte à tous ceux qui sont convaincus, comme nous, de l’importance du capital immatériel sur la performance économique des organisations et donc sur l’enjeu croissant de sa mesure».
L’interview de Laurent HABIB peut être réécouté sur France inter, dans l’émission «On arrête pas l’éco» animée par Alexandra BENSAÏD.
Crédits photo: NASA (CC BY-NC-YC 2.0)


