Les deux articles publiés par ZM en juin dernier autour de la notion de territoire créatif (http://www.zonesmutantes.com/2012/06/12/territoire-creatif-quel-mode-demploi/; http://www.zonesmutantes.com/2012/06/20/territoire-creatif-renforcer-le-capital-social/) reposent sur l’hypothèse que nous assistons à une modification structurelle du rôle du territoire dans le développement socioéconomique et donc à l’émergence d’une nouvelle forme de territoire. Ce saut qualitatif nous amène logiquement à nous interroger sur la nature et la forme de la gouvernance adaptée à cette nouvelle donne.

Les paradoxes de la nouvelle gouvernance

Les pratiques de gouvernance en cours d’émergence peuvent paraître paradoxales. En premier lieu, on constate que la gouvernance réelle est le fait de groupes plus ou moins informels associant des élus, des techniciens du développement économiques, des chefs d’entreprises, des universitaires, etc. (1). Ces groupes ne fonctionnement pas du tout selon la logique de la représentation et ils travaillent de manière opaque. On peut certes s’insurger devant un tel déficit démocratique mais ce mode de gouvernance est aussi imposer par la diversité des acteurs impliqués et par la complexité des dynamiques territoriales. Seules une bonne connaissance des dossiers et une « complicité » minimale permettent de répondre aux contraintes de la gouvernance. Assez logiquement, le système traditionnel de représentation à de moins en moins de prise sur les nouvelles dynamiques du territoire.

La deuxième caractéristique de la gouvernance émergente se manifeste par une recherche systématique du consensus sans recours à l’arbitrage majoritaire. Cette démarche reflète la nécessité d’arriver à construire des politiques et des projets qui sont des points d’équilibre entre les intérêts de tous les acteurs. C’est la condition pour fédérer l’ensemble de ceux-ci et bâtir un projet global de territoire effectivement partagé.

Enfin, nous voyons apparaître des formes nouvelles de prise de parole des citoyens qui jettent une lumière cruelle sur les lourds processus traditionnels de concertation. Ainsi, à l’opposé du déficit démocratique incarné par les groupes informels qui s’emparent du pilotage, la « démocratie directe » expérimente diverses formes tâtonnant pour cristalliser un processus efficace d’initiative et de contrôle citoyen.

Quelle légitimité et quelles méthodes ?

Ces prémisses d’une gouvernance nouvelle

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ne répondent pas pour l’heure à la question de la légitimité. Le système de représentation qui repose lui-même sur un mode de désignation connu et reconnu dispose naturellement d’une légitimité. Comment des groupes informels peuvent ils acquérir la légitimité indispensable à une gouvernance efficace ? Faut-il articuler la légitimité du système de représentation et l’efficacité des groupes informels décidant par consensus ?

Cette perspective de nouvelle gouvernance implique à la fois une acculturation et un apprentissage. L’acculturation concerne les nouvelles pratiques (2) telles que l’esprit de partage, les dynamiques d’intelligence collective et leur style conversationnel ou encore la prise en compte de nouveaux biens communs. Mais l’acquisition de cette culture n’est qu’une condition nécessaire. Il faut aussi maîtriser de nouvelles méthodes d’échange fondées en grande partie sur les TIC (3). Comment acquérir et consolider cette culture du partage et de l’échange ? Comment formaliser ces méthodologies ? Qui va animer ces dynamiques ?

Enfin, cette nouvelle donne nous interroge sur le rôle et la forme de la politique. Peut-on considérer que l’émergence d’un nouveau mode de gouvernance correspond à l’invention de nouvelles formes de politique ?


Notes

(1) – Dans leur article « Les systèmes métropolitains intégrés » (Territoires 2040 ; n°3), Gilles PINSON et Max ROUSSEAU donnent plusieurs éléments sur la problématique de la gouvernance soulignant notamment que « L’action collective (…) tend de plus en plus à s’épanouir dans le huis clos (…) en dehors des assemblées qui sont la garantie de la publicité des débats autour de la politique publique ». Plus loin, ils précisent : « L’essentiel des stratégies et politiques métropolitaines sera élaboré sur la base de la recherche du consensus plutôt que d’un système majoritaire »

(2) Nous développons cet aspect dans l’article « Le tiers lieu moteur de la créativité économique, sociale et culturelle » (http://www.zonesmutantes.com/2012/02/08/le-tiers-lieu-moteur-de-la-creativite-economique-sociale-et-culturelle/)

(3) Voir notre article « Les lieux créatifs virtuels, tiers lieux éphémères » (http://www.zonesmutantes.com/2012/02/22/les-lieux-creatifs-virtuels-tiers-lieux-ephemeres/)

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Pierre Chapignac

qui a écrit 104 articles sur Zones Mutantes.

Pierre Chapignac est spécialisé dans l’analyse stratégique et le déploiement opérationnel des services, des réseaux et des actifs immatériels. Il est le fondateur du média Zones Mutantes consacré au développement socioéconomique territorial.

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