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Il est fort probable que les paradigmes de l’économie de la connaissance vont générer une nouvelle industrie et pousser au développement des secteurs d’activité nouveaux ou insignifiants. Mais quid de l’industrie traditionnelle ? Sera-t-elle exclue de l’économie de la connaissance ? La connaissance productive cristallisée dans les savoir-faire et les compétences sont-ils destinés à s’engloutir dans le trou noir de la délocalisation ?

 

Les chefs d’entreprise puis l’ensemble des acteurs clés du Choletais ont apporté une réponse originale et novatrice. Il y a près de dix ans, ils ont pris le parti de … changer de métier ! Un des dirigeants de l’industrie pharmaceutique les avait précédé en déclarant en 1997 : « Nous avons certainement basculé dans un autre univers, passer de vendre un médicament à vendre de la santé ». L’élite industrielle du Choletais a tenu le même raisonnement en passant d’une activité centrée sur des produits industriels (des chaussures, des vêtements, des meubles) à une vision complètement nouvelle de leur métier : travailler au bien-être de l’enfant. Bien sûr, ils fournissent toujours des chaussures, des vêtements, des meubles. Mais, ils le font en réfléchissant de manière beaucoup plus globale au service effectivement rendu aux utilisateurs directs (les enfants) et indirects (les parents et la famille).

 

Vous lirez dans l’article de Samuel LEBLOND publié en novembre 2010 le détail de l’impact de cette modification des métiers industriels. Je m’arrête sur trois idées qui me semblent essentielles car je les crois au centre de la mutation industrielle en cours :

(1) Le champ de connaissance servant de socle à l’activité industrielle est considérablement élargi. Les acteurs industriels investissent dans la connaissance de l’enfant à travers l’étude de la morphologie des enfants, de l’impact de la croissance sur ses besoins et sur ses goûts. Ce champ de connaissance s’ouvre aussi aux lieux de vie de l’enfant.

(2) En modifiant le champ de connaissance pris en compte, les acteurs industriels modifient leurs référentiels et donc leurs valeurs, leur éthique : cette évolution « suppose donc une véritable éthique et des critères de valeurs fondées sur des critères autres que ceux du développement de produits » (Samuel LEBLOND)

(3) En passant d’un métier en silo (les chaussures d’enfant par exemple) à un méta-métier organisé autour d’une contribution sociétale globale (travailler au bien-être de l’enfant), la palette des acteurs s’élargit considérablement. Les acteurs publics de l’enfance sont impliqués, ainsi que le monde de la santé, de l’enseignement, etc. On ouvre une agora du bien être de l’enfant qui, par sa diversité et sa transversalité, va devenir un foyer d’intelligence collective et de créativité.

 

Cette convergence entre la démarche service (prendre en compte le service effectivement rendu au corps social), l’ouverture « à 360° » du champ des connaissances et la fertilisation croisée entre la diversité des parties prenantes de méta-métiers ne constitue-t-elle pas une combinaison gagnante pour faire de la mutation industrielle une opportunité de développement de « bonne » croissance ?

Pour aller plus loin autour du pôle enfant :

Le pôle enfant du Choletais, aux origines d’un pôle de compétitivité atypique 

 

A moins d’une semaine des French Clusters Days, participez au sondage !

 

CC ART ZM

Pierre Chapignac

qui a écrit 93 articles sur Zones Mutantes.

Pierre Chapignac est spécialisé dans l’analyse stratégique et le déploiement opérationnel des services, des réseaux et des actifs immatériels. Il est le fondateur du média Zones Mutantes consacré au développement socioéconomique territorial.

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