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photo by Aires Dos Santos

Après notre dernière chronique Innovation : l’utilisateur gagne la partie, poursuivons notre lecture de la presse autour du thème « il faut innover autrement ! ».

 

Les innovations fulgurantes

Cette prise en compte des fonctionnalités des offres d’une part et du leadership de l’utilisateur pilote nous permet de comprendre le phénomène des innovations fulgurantes. Les vingt dernières années ont été marquées par des montées en puissance phénoménales de nouvelles entreprises qui ont pu s’arroger une place dans le peloton des plus grandes entreprises, des plus gros chiffres d’affaires et des plus faramineuses capitalisations boursières. Les innovations fulgurantes déployées par des hyper startups reposent également sur la capacité d’entrée en résonance avec l’utilisateur. Cependant, la dynamique est plus complexe. Pour identifier ses mécanismes, prenons le cas d’UBER, des VTC et des Taxis. La startup est tout à fait dans le schéma de l’innovation fulgurante. Comme le précise Le Monde, cette société est « née en 2009 et déjà valorisée à 3,5 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros), Uber a tissé sa toile dans plus de 70 villes dans le monde (45 sur la seule année 2013), et son volume d’affaires aurait dépassé 100 millions de dollars en 2013 dans plusieurs villes, la société prélevant 20% sur chaque course. Pourquoi cette croissance fulgurante ? Les offres de VTC reposent sur une modification de l’écosystème qui permet de rendre le service autrement, rendant possible des modes d’utilisation souhaités depuis longtemps par les utilisateurs. Par conséquent, dès que le nouvel écosystème est en place, le nouvel usage se répand comme une traînée de poudre. Certes, le patron d’UBER déclare «Nous sommes une société de logiciel informatique» mettant en avant l’algorithme qui fait « tourner » sa plateforme. Il est possible qu’il soit sincère. Mais, le cœur de son innovation réside dans la modification de l’écosystème qui permet de rendre un service correspondant aux attentes des utilisateurs face aux limites des solutions existantes. Un autre article reprend ce raisonnement sous un autre angle. Je ne résiste pas à la tentation de vous imposer une assez longue citation, tant la démonstration est percutante :

Pour eux [les startups bouleversant un marché, des usages et un écosystème], il faut comprendre que ces nouvelles formes d’innovation ne sont pas seulement plus fortes en intensité, mais qu’elles changent la nature de l’innovation. Non seulement elles sont souvent moins chères que les offres établies, mais elles sont souvent plus inventives, plus intégrées à d’autres produits et services, et elles exploitent bien mieux l’information provenant des consommateurs.

Ces perturbateurs ont plusieurs caractéristiques qui renforcent l’effet de surprise : ils naissent d’expérience à faible coût, ils n’ont pas besoin de grands budgets et leurs attentes sont modestes. Leur croissance (ou leur abandon) semble sans contraintes…

Pour Nunes et Downes, cela signifie qu’il faut mieux tenir compte des échecs, des expériences lancées par d’autres et ratées… “Chaque échec désormais semble nourrir les attentes des consommateurs pour quelque chose dont le potentiel serait radicalement supérieur”. Le Newton d’Apple, les premières voitures électriques ont été des échecs, mais lorsque la baisse des coûts des technologies rend enfin la solution réalisable, l’appétit des consommateurs, longtemps aiguisé, est entier…

En 2001, lorsque le populaire service de partage de fichier Napster a été stoppé net, les cadres de l’industrie du disque poussèrent un soupir de soulagement. La même année pourtant, Apple lançait iTunes et l’iPod. La défaite juridique de Napster ne changeait rien au désir irrésistible des consommateurs à vouloir accéder à leur musique partout et à tout moment…

Ainsi, pour être en pointe en matière d’innovation, sachons anticiper les ruptures d’écosystèmes et identifions les échecs, porteurs de nouveaux usages !

 

L’innovation frugale

La dernière manière d’innover autrement dont je veux vous parler est « l’innovation jugaad », terme hindi qui signifie improvisation, débrouillardise, et désigne notamment les véhicules faits de bric et de broc. Cette forme d’innovation repose sur trois notions centrales : l’ingéniosité (la capacité de bricoler une solution efficace avec ce que l’on a sous la main), la rapidité (apporter une solution immédiate, « en temps réel ») et le faible coût. On remarquera que ce « cahier des charges » rejoint des tendances lourdes en matière de nouvelles pratiques sociales. On peut se reporter notamment à la notion d’urbanisme tactique. Cette manière de faire prend le contrepied du process habituel de l’innovation. Comme le dit Yann-Maël Larher dans cet article de l’Usine Nouvelle

« On a besoin d’un nouveau modèle pour innover plus vite, mieux, à moindre coût (…) il est trop consommateur de ressources, pas assez souple et surtout trop élitiste ».

Et cette innovation jugaad est à l’œuvre notamment en Inde et en Afrique avec une efficacité redoutable qui met en lumière notre propre lourdeur.

 

 

Ces différentes approches remettent brutalement en cause notre manière de faire de l’innovation. Nous mettons en place des systèmes lourds. Nous concevons de complexes écosystèmes de l’innovation. Nous nous « prenons la tête » à chercher des investissements massifs. Et pendant ce temps les autres innovent ! Bien sûr, il faut prendre garde à ne pas jeter l’enfant avec l’eau du bain. Mais, on ne peut rejeter une nouvelle approche de l’innovation qui ouvre, entre autre, des perspectives alléchantes aux petites entreprises et aux territoires modestes.

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CC ART ZM